30 mars 2009
URGENT : protester contre la signature d'un accord de réadmission des ressortissants haïtiens
Source : http://www.educationsansfrontieres.org/?article18329
La lutte s'organise en Haïti pour qu'aucun accord migratoire (soit-disant de gestion concertée des flux migratoires) ne soit signé par Haiti et la France. Une campagne de presse est en cours en Haiti depuis novembre 2008 pour expliquer les pièges cachés de ce genre d'accord signé par plusieurs pays africains à l'exception du Mali qui résiste toujours et dont la fermeté dans la dignité nous inspire.
Nous vous demandons d'alerter toutes les associations françaises et franco-haitiennes et de les inviter à écrire à :
Dr Alrich NICOLAS
MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGÈRES ET DES CULTES DE LA REPUBLIQUE D'HAITI
pour
lui demander de ne pas signer d'accord de gestion concertée des flux migratoires avec la France, ce qui donnera aux autorités françaises toute latitude pour fouler aux pieds les droits fondamentaux des migrants haïtiens sans papiers en situation de grande vulnérabilité.
Nous vous invitons à envoyer un email, un fax ou une lettre recommandée à l'adresse suivante :
Ministère des Affaires Etrangères
E-mail: dg@mae.gouv.ht
Fax: +509 22. 24. 11. 44
+509 22. 24. 86. 13
1, Blvd Harry Truman
Cité de l'Exposition
Port-au-Prince, Haïti – HT6120
téléphonez aux numéros suivants : Tél: +509 22-98-37-50 à 60
DITES NON À LA SIGNATURE DE CET ACCORD DE LA HONTE !
Faites-nous part de votre implication ou de celle de votre groupe ou organisation.
- Envoyez-vous un compte-rendu de vos interventions ou une copie de tout message de solidarité envoyé à notre adresse :
- Henri ALPHONSE
- halphonse@gmail.com
Plus d'information sur les enjeux ici :
http://newsgroups.derkeiler.com/Archive/Soc/soc.culture.haiti/2008-12/msg00003.html
14 février 2009
Air France : comment réclamer l'arrêt des expulsions au service clientèle
Vous voyagez sur un avion de la compagnie Air France ?
Vous pouvez utiliser le formulaire qui se trouve devant votre siège pour demander l'arrêt des expulsions (le formulaire est dans le magazine Air France juste avant la rubrique "Boutique").
Une fois rempli, remettez-le à une hôtesse ou un steward qui le transmettront au chef de cabine.
Vous pouvez aussi l'envoyer au service clientèle :
Air France
Service Client
TSA 60001
60035 Beauvais Cedex
France
02 janvier 2009
URGENCE : accord de réadmission franco-malien
Une délégation française doit se rendre à Bamako le 7 janvier pour tenter d'imposer au gouvernement malien la signature de l'accord franco-malien dit de "gestion des flux migratoires". Il s'agit en réalité de permettre à la police française d'expulser les Maliens (et d'autres !) de façon plus expéditive encore.
Cela fait plusieurs fois que la France tente d'imposer cet accord... impopulaire au Mali et encore plus dans la diaspora malienne. La mobilisation de l'opinion malienne, au Mali mais aussi en France avait convaincu les autorités maliennes de refuser cet accord. Il est encore temps d'aider le Mali qui avait vaillamment résisté jusqu'alors à ne pas céder aux pressions très appuyées d'Hortefeux.
Il faut que toutes les associations maliennes en France soient alertées ainsi que les journaux et les sites. Chaque malien peut, s'il le souhaite, interpeller son consulat et faire connaître son opinion.
Il est enfin possible à la population française de manifester sa solidarité avec le Mali pour le cas où il refuserait de plier devant le gouvernement français. Cela doit être fait avec courtoisie et dans le respect de l'indépendance du Mali. Ci-joint un modèle de lettre dont on peut s'inspirer.
1) Plus d'informations dans Libération :
2) Lettre a envoyer au consul du Mali ci-dessous et sur le site
RESF http://www.
3) Ci-dessous communiqué commun Cimade-AME
2 janvier 2009
Monsieur le Consul du Mali,
Selon des informations confirmées par le quotidien Libération du 2 janvier, il semble qu'une importante délégation française doive se rendre à Bamako le 7 janvier prochain afin de tenter une nouvelle fois d'arracher aux autorités maliennes la signature de l'accord dit « de gestion concertée des flux migratoires ».
Sans prétendre le moins du monde peser sur la décision du gouvernement malien, nous tenons par votre intermédiaire à faire savoir aux autorités et au peuple maliens qu'une partie importante de la population française, celle qui est aux côtés des familles et des jeunes maliens présents en France et dans nos écoles, aux côtés des travailleurs en lutte pour la reconnaissance de leur travail et de leur dignité, ne se reconnaît pas dans la politique de lutte contre l'immigration du gouvernement français que reflète ce projet d'accord.
Même baptisé « gestion concertée des flux migratoires », le texte proposé à la signature de votre gouvernement est de même nature que celui déjà imposé à plusieurs gouvernements africains : son objectif unique est de rendre plus difficile le séjour des ressortissants maliens en France et de rendre leur expulsion plus expéditive. Le reste n'est qu'habillage.
Les contreparties offertes au Mali sont dérisoires : 1500 régularisations quand on estime que des dizaines de milliers de travailleurs maliens sont établis en France, apportant à leur pays une aide autrement efficace que celle, officielle, des pays riches.
Au-delà des grands mots dont le texte regorge, l'aide au développement promise à votre pays est illusoire : le budget 2009 du ministère de l'immigration a été amputé de 11,6% et le ministre a d'ores et déjà rendu ses arbitrages : les crédits consacrés à l'aide au développement seront sacrifiés, ceux affectés aux expulsions seront augmentés. Nous préfèrerions ‑et de loin !‑ que les sommes allouées à la traque des sans papiers et à leur expulsion (20 000 € à chaque fois !) soient investies réellement dans des actions utiles au développement. Nous sommes de même consternés d'apprendre qu'une partie des crédits rangés dans l'aide au développement sont en réalité consacrés à préparer les services de police des pays d'origine des immigrés… à collaborer à la lutte contre l'immigration ! Ce n'est pas notre conception de l'amitié entre les peuples !
Quelle que soit la décision que prendra en définitive votre gouvernement, nous tenons à faire savoir au peuple malien que des pans entiers de la société française désapprouvent la politique migratoire du gouvernement français, ses discriminations envers les « immigrés extra-européens », sa pratique des test ADN, les attentes humiliantes aux portes des consulats de France pour obtenir des visas et à celles des préfectures pour solliciter des titres de séjour, son arrogance et sa brutalité, ses objectifs chiffrés, à l'unité près, en matière d'expulsion. Tout cela nous fait horreur et honte.
Sachez, Monsieur le Consul, que si le Mali continuait à refuser de plier et de se soumettre aux pressions du gouvernement français, il trouverait la solidarité et l'estime d'une grande partie de la population de ce pays.
Nous vous prions, Monsieur le Consul, d'agréer l'expression de nos salutations respectueuses et celle de notre amitié pour le peuple malien.
CONSULAT GENERAL DU MALI 64, rue Pelleport F - 75020 PARIS
Téléphone: 01 48 07 85 85 Télécopie: 01 48 07 07 39 E-mail: contact @consulat-mali.fr
Bordeaux Consulat Honoraire Adr. : 29, allées des Chartes 33000 Bordeaux
Tél : 05.56.00.82.82 Fax : 05.56.81.51.76
Lyon Consulat honoraire Adr. : 8, rue du Professeur Grignard 69007 Lyon
Tél : 04.78.72.96.99 Fax : 04.72.72.96.99
Marseille Consulat Honoraire Adr. : 47, rue de la Paix - 13001 Marseille
Tél : 04.91.33.76.30 Fax : 04.91.54.19.91
COMMUNIQUE CIMADE-AME
RISQUE DE SIGNATURE IMMINENTE DE L'ACCORD DE GESTION CONCERTEE DES FLUX MIGRATOIRES ENTRE LA FRANCE ET LE MALI
Des informations concordantes à Paris indiquent qu'une délégation du ministère de l'Immigration se rendrait à Bamako le 7 janvier afin de finaliser l'accord de gestion concertée des flux migratoires entre la France et le Mali. La signature de cet accord, initialement prévue le 25 novembre à Paris, n'avait pu se concrétiser en raison d'une importante mobilisation de la société civile malienne.
Cet accord, tout comme les autres accords de ce type signés par la France, a pour objectif d'inciter les autorités maliennes à coopérer en matière de lutte contre l'immigration illégale, en facilitant la délivrance des laissez-passer qui permettent l'expulsion effective des maliens en situation irrégulière en France.
En échange, le gouvernement français promettrait des possibilités très limitées de migration légale et d'aide au développement qui figurent déjà, pour l'essentiel, dans les dispositifs de droit commun.
Le Mali étant un important pays de transit, il est à craindre que les clauses de réadmission contenues dans cet accord permettent également le renvoi au Mali de ressortissants de pays tiers.
L'Association Malienne des Expulsés (AME) et La Cimade estiment négative la signature de tels accords et espèrent que le gouvernement malien saura, une fois de plus, résister à ces pressions.
Les deux associations appellent la société civile en France et au Mali à se mobiliser pour faire respecter les droits fondamentaux des migrants et rejeter un tel accord auquel ni le Mali, ni les maliens n'ont intérêt. Les travailleurs migrants, qu'ils aient ou non des papiers, contribuent en effet à l'enrichissement du Mali comme de la France.
19 décembre 2008
Projet de (re)présentation cartographique et racontée de la disparition des personnes sans papiers
http://www.disparitions.eu/carte_gle.php
24 octobre 2008
Deport Air
http://deportair.com/page.php
Possibilité de signaler en ligne une expulsion imminente ou de documenter une expulsion réalisée.
Présentation des auteurs du site :

Pour temoigner en chiffres de la réalité de la politique migratoire française grâce à un recensement des mesures de reconduites ou d'éloignement constatées.
01 septembre 2007
4, 5 et 6 sept : refus d'embarquements et délit de solidarité au TGI de Bobigny
Réseau Education Sans Frontières 93,
resf93@msn.com
Trois audiences à Bobigny : Les dégâts humains de la chasse aux sans papiers devant la justice !
La 16° et la 17° chambre du tribunal correctionnel de Bobigny ne désemplissent pas. Chaque jour, les greffiers doivent caser dans des audiences surchargées un ou deux « refus d’embarquement » : ces personnes expulsées contre leur gré qui réussissent, souvent au péril de leur intégrité physique, à être débarquées in extremis de l’avion.
Il suffit d’assister à une audience pour que la question de fond saute aux yeux : les étrangers qui ne veulent pas quitter la France sont-ils des criminels qui mettent l’ordre public en péril ? La violence exercée à leur égard est-elle légitime ? Est-elle légale, alors que leur expulsion intervient très souvent au mépris des conventions internationales qui protègent le droit à la vie privée et familiale, les droits des enfants ou le droit d’asile ? Les passagers confrontés à des expulsions forcées peuvent-ils assister sans réagir aux violences dont ils sont rendus témoins ?
C’est sur ces questions que devront se prononcer les juges de Bobigny la semaine prochaine.
Peut-on condamner pour « refus d’embarquer » une grand-mère qu’on arrache à sa seule famille ?
Jeudi 6 septembre, 13 h, 16° chambre
les juges rendront leur jugement concernant Mme KOPIA. Ils diront si la
préfecture d’Eure et Loir a convenablement fait son travail ou si,
comme l’a plaidé Maître Itoua, l’avocat de Mme Kopia lors de l’audience
du 19 juillet dernier, elle s’est trompée en lui refusant un titre de
séjour. Arrêtée dans sa baignoire à Chartres au domicile de sa fille,
cette vieille dame diabétique de 68 ans, grand-mère de 19
petits-enfants français, avait été emmenée au commissariat sans ses
médicaments et conduite à Roissy le 20 juin pour être expulsée vers
Bangui, Centrafrique. Les passagers du vol avaient refusé d’embarquer
si la vieille dame n’était pas relâchée.
Interrogée lors de l’audience par une juge attentive, Mme Kopia avait expliqué qu’elle « n’avait plus de famille, personne en Centrafrique pour l’amener à l’hôpital ». Son mari est décédé et enterré en France. Ses enfants français la prennent en charge affectivement et financièrement. Pourquoi alors la préfecture choisit-elle d’arracher cette grand-mère à sa famille, de lui infliger des traitements dégradants et de la traîner en justice au lieu de lui délivrer une carte de séjour, comme l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme devrait lui en faire obligation ?
La liberté d’expression reste-t-elle
un droit fondamental des passagers dans un avion d’Air-France
transformé en fourgon cellulaire ?
Mardi 4 septembre, 9h,
les juges devront dire si des citoyens ont bien le droit fondamental de
protester pacifiquement quand ils estiment que les méthodes de la
police peuvent avoir des conséquences graves qui pourraient mettre en
péril la vie ou l’intégrité physique des reconduits.
Marie-Françoise Durupt, 60 ans, et M. Soumanou ont été débarqués du vol Air France Paris-Bamako le 28 avril dernier, placés en garde à vue et poursuivis, pour avoir protesté verbalement, à la demande de passagers du vol, contre les méthodes exercées à l’encontre de trois reconduits maliens. Quand, ce jour-là, les sans papiers se mettent à crier à l’arrière de l’avion, les personnes qui les encadrent les ceinturent avec violence et leur appuient des coussins sur la bouche pour les empêcher de crier ! Aussitôt des voyageurs, parmi lesquels de nombreux maliens, se lèvent, certains croyant à une bagarre, puisque les policiers ne portent pas de brassards, d’autres protestant contre ce comportement brutal. A la suite d’une intervention des forces de l’ordre dans l’avion, Marie-Françoise Durupt et un passager malien sont débarqués avec leur bagage, mis en garde à vue puis inculpés, alors que leur protestation a été uniquement verbale et tout à fait pacifique.
Une affaire qui n’est pas sans rappeler la mise en garde à vue de Michel Dubois, l’assistant du cinéaste Laurent Cantet, pour des faits comparables sur un autre vol Paris-Bamako, un avion transformé quasi quotidiennement en fourgon cellulaire. Ce jour-là, a rappelé Me Herrero, l’avocate de Mme Durupt, le courage de Michel Dubois et des autres passagers avait peut-être évité aux policiers de devoir répondre devant la justice de conséquences bien plus graves, après le malaise de Salif Kamaté, contraint à avaler un tranquillisant et violenté au point d’être évacué de l’avion inconscient sur une civière.
Maître Herrero a demandé à la justice de se prononcer sur la liberté d’expression. Elle a rappelé que le devoir de résistance à l’oppression est inscrit dans la constitution et demandé aux juges de prendre une décision d’une haute portée symbolique en reconnaissant aux citoyens le droit de parler et d’exprimer pacifiquement leur désaccord en démocratie.
Que reste-t-il du droit d’asile quand on
poursuit pour refus d’embarquer un père de famille tamoul menacé de
mort en cas de retour au Sri Lanka ?
Mercredi 5 septembre, 13 h,
l’inculpation de M. ANURAJ pour refus d’embarquer sera examinée par les
juges. Ce père de famille est entré en France en 2004, fuyant le Sri
Lanka où les autorités le recherchent sous l’accusation de complicité
avec la rébellion des tigres tamouls, où sa femme a été torturée et
plusieurs membres de sa famille assassinés. Comme beaucoup d’autres, sa
demande d’asile a néanmoins été rejetée à deux reprises, alors que son
beau-frère a lui obtenu le statut de réfugié.
Devant l’aggravation récente de la situation au Sri Lanka où la guerre civile fait rage dans le Nord et où la répression est partout féroce contre les tamouls, le Haut Comité aux Réfugiés (HCR) a pris en janvier 2007 une décision sur la nécessité d’une protection internationale des demandeurs d’asile Sri Lankais. Les rapports récents des associations internationales et les reportages sont éloquents.
Pour autant, lorsqu’il est interpellé dans un de ces contrôles qui se multiplient dans les quartiers, il est placé en rétention et il se trouve un juge administratif pour confirmer la légalité de l’obligation de quitter le territoire qui lui a été aussitôt notifiée. Une obligation qui le sépare de sa femme et de ses quatre enfants et qui l’envoie à la mort !
A travers trois cas d’espèce, c’est une seule et même politique qui sera en procès :
-
celle qui conduit à faire de l’immigration un terrain d’action
idéologique où l’on cherche à gagner des voix à l’extrême droite ;
- celle qui applique aux étrangers sans papiers la logique froide des chiffres d’expulsions et des quotas, au mépris des situations des personnes et des familles et de leurs droits fondamentaux ;
- celle qui pose l’arbitraire en règle et tente de faire passer toute expression de contestation citoyenne pour un délit.
Le Réseau Education Sans Frontières 93 appelle à manifester une solidarité chaleureuse et fraternelle à ces trois personnes lors des audiences.
Bobigny, le 2 septembre 2007 / 14 h
TGI de Bobigny : 173, avenue Paul Vaillant Couturier 93008 Bobigny Cedex / Tél : 01.48.95.13.93
Métro Pablo Picasso
27 juin 2007
29 juin, 13h : procès de Salif Kamaté à Bobigny
Le Malien Salif Kamaté, dont l’expulsion avait été empêchée le 26 mai par l’intervention de passagers indignés des violences qu’il subissait sur le vol Air France Paris-Bamako, passe en procès le Vendredi 29 Juin au Tribunal de Bobigny, 16ème chambre, à l'audience de 13h00.
Communiqué RESF
Contacts sur ce dossier : Laurent Cantet 06 07 44 01 50, Richard Moyon 06 12 17 63 81
Version papier
Vendredi 29 juin, à 13 heures, Salif Kamaté passe en jugement devant la 16ème chambre du tribunal de Bobigny.
Suite
à son expulsion manquée du 26 mai dernier (vol AF 796 pour Bamako),
dont la violence a été largement relatée dans la presse, les charges
retenues contre lui sont lourdes : "opposition à une mesure
d'éloignement", "refus d'embarquement" et "coups et blessures contre un
policier".
Arrivé en France en 1975 à l'âge de quinze ans, il a obtenu un titre de séjour à sa majorité.
Mais
il a aussi plongé dans la toxicomanie, ce qui l’a conduit devant la
justice et lui a valu deux condamnations, purgées aujourd’hui, mais
assorties d'une interdiction du territoire et de la perte de son titre
de
séjour. Il a depuis lors réussi à se sortir de la drogue mais reste
sous le coup d'une interdiction de territoire, synonyme de bannissement.
Cette
situation relève définitivement de la double peine, que Monsieur
Sarkozy avait soi-disant abolie quand il était ministre de l’Intérieur.
Il
est important d'ailleurs de noter que c'est en voulant vérifier
l'avancement du dossier qu'il avait déposé en vue de bénéficier
justement de la loi sur la double peine que Salif Kamaté a été arrêté
dans un commissariat parisien et directement conduit à Roissy pour être
expulsé.
Cette histoire est malheureusement emblématique des
pratiques tendant à réguler l'immigration dans notre pays, ou du moins
à le faire croire. Le durcissement auquel on assiste aujourd'hui
conduit des dizaines de
milliers de personnes à vivre dans des
conditions indignes des principes qui devraient être les nôtres,
traquées, raflées, exploitées un peu plus chaque jour. "Nous ne sommes
pas des bêtes", criaient les nombreux Maliens présents ce jour là dans
l'avion d'Air France face à la brutalité des policiers français qui
tabassaient un des leurs. Ils n'avaient pas la naïveté de croire que la
scène qui se déroulait sous
leurs yeux était un cas isolé, une simple bavure. Nous non plus.
C'est à plusieurs titres donc que nous voulons manifester notre soutien à Monsieur Kamaté.
Nous
tenons d'abord à dénoncer la violence des méthodes utilisées lors de sa
tentative expulsion en rappelant qu'il a été débarqué de l'avion sans
connaissance et dans un état critique, après avoir été roué de coups,
étranglé, et obligé à avaler un médicament destiné à le calmer. Nous
jugeons ces méthodes choquantes, indignes d'une police républicaine, et
très inquiétantes pour l'avenir de notre démocratie.
Mais nous
nous élevons aussi avec force contre les contradictions scandaleuses de
la loi sur la double peine, annoncée à grand renfort de publicité mais
rarement appliquée. Il y a là une hypocrisie que nous sommes nombreux à
dénoncer depuis longtemps et dont Salif Kamaté est une nouvelle victime.
Il
a purgé sa peine. Il n'est pas fauteur de troubles, mais victime tout
autant de violences policières que d'absurdités administratives. Nous
demandons à la justice qu'elle répare les erreurs scandaleuses de
l'administration française et qu'elle rende enfin à Salif Kamaté, qui
n'a plus aucune attache au Mali, un titre de séjour lui permettant de
poursuivre sereinement sa vie en France, parmi les siens. Il en va de
la vie d'un homme, mais aussi de la dignité de notre démocratie, trop
souvent mise à mal par de telles pratiques.
Premiers signataires :
Philippe
ADAM, écrivain, Elisabeth ALLES, anthropologue CNRS, Michel ANDRIEU,
cinéaste, Solveig ANSPACH, cinéaste, Gérard ASCHIERI, secrétaire général de la FSU, Josiane BALASKO, cinéaste
comédienne, Etienne BALIBAR, Professeur émérite à l'Université de Paris
X Nanterre, Françoise BALIBAR, François BARAT, Délégué général Groupe
de Recherches et d'Essais Cinématographiques (G.R.E.C.), Claude
BARTOLONE, député PS Seine-Saint-Denis, Denis BAUDEQUIN, secrétaire
général UNSEN CGT, Amal BEDJAOUI, cinéaste,
François
BEGAUDEAU, enseignant romancier, Michel BENITA, musicien, Arno BERTINA,
écrivain, Joséphine BERTRAND, cinéaste musicienne, Olivier BESANCENOT, LCR, Gérard
BEZIERS, secrétaire du CHS.CT CGT Air France Orly Ouest, Valérie BLIN,
déléguée syndicale CGT Air France Orly Ouest, J.Paul BLOT ancien
Directeur de la CIMADE, Claire BOCHARD, déléguée syndicale CGT Air
France Orly Ouest, Laurent BOUNHIK, cinéaste, Nathalie BOUROUKHOFF,
déléguée du personnel CGT Air France Orly Ouest, Hervé BRAMY, Président
du Conseil Général de Seine-Saint-Denis, Jean-Pierre BRARD, Maire de
Montreuil, Député de Seine-Saint-Denis, Sophie BREDIER, cinéaste,
Chantal BRIET, cinéaste, Bénédicte BRUNET, cinéaste,
Marie-George BUFFET, députée de Seine-Saint-Denis, Rodolphe BURGER,
musicien, Nicole CALLIGARIS, écrivain, Robin CAMPILLO, cinéaste,
Laurent CANTET, cinéaste, Maryvonne CATUSSE, présidente de la Libre
Pensée Aveyron, Yves CAUMON, cinéaste, Benoit COHEN,
cinéaste, Laurence COHEN,
Conseillère Régional PC Ile de France, Annie COLLOVALD, professeur de
sociologie à l'université de Nantes, Catherine CORSINI, cinéaste,
Véronique DE RUDDER, Sociologue,
chercheure au CNRS, Jean DESESSART, Sénateur de Paris Vert, Bertrand DE
SOLLIERS, cinéaste / Julianto Films, Marietou DIARRA, conseillère
régionale de Seine-Saint-Denis, Ousmane DIARRA, président de
l'Association malienne des expulsés (AME), Tony DI MARTINO, adjoint au maire, Bagnolet, Stéphane DOUAILLER,
Professeur à
l'université de Paris 8, Abdoulaye DOUMBIA, président de
l'Assemblée des Maliens de France, Jean Marie DOUSSIN, secrétaire
général fédération PC 93, Olivier DUCASTEL, cinéaste, Sandrine DUMAS,
comédienne, Licia EMINENTI,
cinéaste, Mathias ENARD, écrivain,
Jean Pierre ENJALBERT, écrivain, Didier ERIBON, philosophe, Gaëlle
ERKENS, traductrice, Christophe
ESNAULT, élu CHS.CT CGT
Air France Orly Ouest, Eric FASSIN, sociologue, Ecole Normale
Supérieure, Michel FEHER, philosophe, Yann FIEVET, vice-président
d'Action Consommation, coorganisateur du festival "Images
mouvementées", Dan FRANCK, écrivain, Nicolas
FRIZE, Compositeur, Responsable groupe "Prisons" LDH, Monseigneur
GAILLOT, évêque de Partenia, Fabrice GENESTAL, cinéaste, Denis
GHEERBRANT, cinéaste, Christophe GIRARD,
Adjoint au maire de Paris chargé de la culture, Sylvie GRANOTIER,
écrivain, JC GRINEVALD, metteur en scène, Matilde GROSJEAN, monteuse,
Robert GUEDIGUIAN, cinéaste,
Nacira GUENIF-SOUILAMAS, sociologue, Claude GUISARD, producteur,
cinéaste, Jeanne GUYON, éditrice, Camille HAMIDI, maître de conférences
en sciences politiques, Université Lumière Lyon 2, Bernadette HETIER,
vice-présidente du
MRAP, Jean-Baptiste HUBER, cinéaste, Yves JEULAND, réalisateur de
documentaires, Baudouin JURDANT, Professeur des
Universités à Paris Diderot (Paris 7), Cédric KAHN, cinéaste, Renan
KERREST, Vice-Président du Conseil Général de Seine-Saint-Denis, Alain KRIVINE, LCR, Jan
KOUNEN, cinéaste, Thomas LACOSTE, éditeur, Pierre LAFARGUE, écrivain,
Serge LALOU, Les Films d'Ici, Olivier LE COUR GRANDMAISON, historien,
Michel
LEVIANT, auteur réalisateur, Joëlle LOSFELD, éditrice, Grégoire LOUIS,
écrivain, Michael LÖWY, directeur de recherches émérite au CNRS, Pierre
MACHEREY, Professeur émérite à l'Université de Lille III, Philippe
MANGEOT, revue Vacarme, enseignant, Dominique
MARAVAL, artiste, Lily MARGOT/ auteur-compositeur, Jacques MARTINEAU,
cinéaste, Jean-Charles MASSERA, écrivain, Daniel MASTALERZ, délégué du
personnel CGT Air France Orly Ouest, Antoine MATH, Chercheur, Paris,
Olivier MAUVEZIN, ingénieur du son, Pierre MILON, chef opérateur,
Claude MIRANDOLA, musicien, Dominik MOLL, cinéaste, Michel NARCY,
directeur de recherches CNRS, Jean
Charles NEGRE, Vice-Président du Conseil Général de Seine-Saint-Denis,
Mariana OTERO, cinéaste, Christophe OTZENBERGER, cinéaste, Yves PAGES,
éditeur & écrivain, Jérémy PASTOR, élu CE CGT Air France Orly
Ouest, Patrick PELLOUX, urgentiste, Monique PEREZ, Aviva Films, Nicolas
PHILIBERT, cinéaste,
Frédéric PIERROT, comédien, Joël PICCHIO, Isabelle PICHAUD, comédienne,
cinéaste, Jacques PRADEL, directeur de
recherche CNRS, Sandrine RAY, cinéaste, Jean-Claude RENOUX, écrivain et
conteur, Revue Vacarme, Chantal RICHARD, cinéaste, membre CIMADE,
groupe local de Bayonne, Pascale RISTERUCCI, cinéaste, Mélanie ROUSSEL,
intervenante
sociale en CADA, Christophe RUGGIA,
cinéaste, Isabelle SAINT-SAENS, revue Vacarme, Lydis
SALVAYRE,
écrivain, Natacha SAMUEL, cinéaste, Marie-José SANSELME, cinéaste,
Pierre SENGES, écrivain, Claire SIMON, cinéaste, Jean-Pierre SINAPI,
cinéaste, Yves SINTOMER,
Professeur à l'Université Paris VIII, Sandrine SOIMAUD-REVEILLEAU,
écrivain, Marie-Laure SOURP-TAILLARDAS, sociologue, Heiny SROUR,
cinéaste, Roch STEPHANIK, cinéaste, Catherine STEFFEN, Benjamin STORA,
historien, Gilles TANNEVAU,
délégué du personnel CGT Air France Orly Ouest, J.Jacques TANNEVEAU,
élu CE CGT Air France Orly Ouest, Etienne TASSIN, professeur à
l'université de Paris 7 Diderot, Emmanuel TERRAY, anthropologue,
Directeur d'Etudes, EHESS, Aminata TRAORE, coordinatrice du Forum pour un autre Mali,
Marie-Claude
TREILHOU, cinéaste, Guy TRESALLET, secrétaire général FSU 93, Annie
TRESGOT, cinéaste, Gérôme TRUC, EHESS, enseignant à l'université Paris
7- Diderot, Karine TUIL, écrivain, Robert VALBON, artiste, Jean
pierre VALLAT, professeur d'histoire ancienne Paris Diderot, Jérôme
VALLUY, professeur de sociologie politique (Dr. MdC) à l'Université
Panthéon-Sorbonne (Paris 1), Paul VECCHIALI, cinéaste, Laurent VENOT,
délégué du personnel CGT
Air France Orly Ouest, Patrice VERMEREN, professeur de philosophie,
Université Paris 8 et Université de Buenos Aires, Thierry VILA,
écrivain, Anne VILLACEQUE,
cinéaste, Christian VINCENT cinéaste, Pascal-Alex VINCENT, cinéaste,
Dominique VOYNET, Sénatrice
Seine-Saint-Denis, Bernard WALLET, éditeur, Olga WIDMER Opératrice de
prises de vues, Luc WOUTERS, court métragiste membre de la SRF
Voir aussi
Article de Libération 28 mai 2007
Article de l'Humanité 5 juin 2007
26 juin 2007
Kit Aéroport
Les trucs à savoir quand on se rend en urgence à l'aéroport
15 mars 2007
Sans papiers : l'autre « chiffre » de la politique d'expulsion.
L’équivalent du déficit annuel de l’assurance vieillesse : c’est le coût des expulsions réalisées par le ministère de l’Intérieur depuis 2003. "
Une enquête de Damien de Blic publiée sur le site de la revue Mouvements
: http://www.mouvements.info
Egalement en ligne sur le site de RESF : lire l'article
